MUANDA, LA CÔTE D’AZUR CONGOLAISE

MUANDA, LA CÔTE D’AZUR CONGOLAISE

​Située à près de 560 km de Kinshasa, la cité côtière de Muanda constitue l’unique façade de la République Démocratique du Congo sur l’océan Atlantique. Cette trentaine de kilomètres de littoral revêt, au fil du temps, une importance de plus en plus stratégique pour le pays.

​Un hub économique en plein essor

​Le littoral est en passe de prendre une nouvelle dimension grâce à des projets d’envergure. À quelques encablures de Muanda, à Banana, la société émiratie DP World s’attelle à la construction d’un port commercial en eau profonde. Connecté au corridor de Lobito, ce complexe architectural, combiné à l’exploitation pétrolière offshore partagée avec l’Angola, va indéniablement booster l’économie de la région.
​Une fois opérationnel, ce port stratégique supplantera les ports fluviaux de Boma et Matadi, dont l’accès est difficile pour les grands navires porte-conteneurs — ces derniers étant jusqu’à présent contraints de décharger à Pointe-Noire (Congo-Brazzaville) les marchandises destinées à la RDC. C’est à ce moment précis que la véritable ruée vers Muanda commencera. De plus, la cité offre deux ouvertures sur l’Angola via Soyo et Yema. Depuis la frontière de Yema, il est d’ailleurs possible de rejoindre Pointe-Noire par la route en traversant l’enclave angolaise de Cabinda.

​Entre farniente et spéculation foncière

​Mais Muanda, c’est aussi le charme de son sable brun. Chaque week-end, la plage devient le centre névralgique de la cité, prise d’assaut dès les premiers rayons du soleil et jusqu’à la tombée de la nuit. Un mouvement incessant de jeunes et de moins jeunes s’y croise pour décompresser, les pieds dans l’eau. Musique, grillades, boissons fraîches et photographes ambulants : tout est réuni pour évacuer le stress de la semaine.
​Le littoral se divise en deux espaces : la plage publique et la plage privée de l’hôtel La Beviour, propriété de Zoé Kabila, frère cadet de l’ancien président Joseph Kabila. Si l’accès aux deux sites est payant, le tarif varie de 1 à 10. La plage du Beviour se distingue par ses aménagements soignés, tandis que la plage publique s’apparente à une succession de terrasses animées. À la tombée de la nuit, une brise fraîche balaye la côte, poussant les baigneurs grelottants hors des vagues. Au large, les torchères des plateformes pétrolières de Perenco s’allument alors que la plage commence doucement à se vider.

​Une métamorphose visible

​Cette attractivité se traduit par un véritable boom démographique et une transformation urbaine visible à l’œil nu. Désormais, relier Kinshasa à Muanda en voiture citadine est un jeu d’enfant grâce à une route entièrement asphaltée. Côté ciel, la modernisation de l’aérodrome de Muanda facilite les liaisons directes en moins de 45 minutes.
​Cette accessibilité nouvelle fait s’envoler les prix de l’immobilier : les constructions modernes sortent de terre et la valeur des propriétés foncières a facilement doublé. Les terrains en bordure d’océan s’échangent aujourd’hui à prix d’or, majoritairement raflés par les élites politiques et économiques de Kinshasa.
​D’ici quelques mois, Muanda ne sera plus seulement une destination de villégiature, mais s’imposera définitivement comme la plaque tournante de l’économie et du divertissement en RDC.

​John Ngombua Mag-info.CH

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